La pluie dans les régions intertropicales m'a toujours impressionnée. Parfois, on a l'impression qu'il fait super beau. Le ciel est bleu, le soleil brille. Soudain, sans comprendre ce qui se passe, un petit nuage de rien du tout se met à nous verser une douche sur la tête, comme dans les dessins animés.

Mais ce que je préfère, c'est quand on entend la pluie arriver. Du haut de la colline où nous habitons, de notre balcon, nous apercevons un bout de Yaoundé ainsi que quelques autres collines qui l'entourent. Ça commence par des grondements de tonnerre. Puis une sorte de vrombissement. Au loin, le paysage a disparut derrière un rideau gris. Le vrombissement s'intensifie. L'air devient plus frais, plus humide. Le rideau gris se rapproche.  Déjà, des grosses gouttes commencent à tomber sur les arbres les plus proche. Je me félicite de ne pas avoir pris l'initiative de sortir. Ça y est ! La pluie est là ! Énorme ! En quelques secondes tout ce qui est dehors se retrouve trempé. Le tonnerre déchire la ciel. La pluie fracasse le sol. Plus rien n'est audible hormis la myriade de gouttes qui résonne sur les toits, tape sur la terre, fait trembler les feuilles.

La vie s'arrête.

Puis au bout d'une demi heure, une heure peut-être, la pluie poursuit son chemin dévastateur et ne laisse en souvenir que d'énormes flaques et des arbres dégoulinant. Le ciel bleu refait surface.