C'est aux premières lueurs du jour que je me suis réveillée. Autour de la tente, j'entends le camp qui s'agite. D'une hutte à l'autre les gens parlent entre eux en baka, une langue très rythmée pleine de O, de A, de n'G... De la tente, j'observe la cime des arbres, j'écoute le chant des oiseaux et le baka, je me sens bien. La chaleur qui commence à nous étouffer nous pousse tout de même à nous lever alors que l'envie de dormir se fait encore sentir. Devant les huttes, les feux fument toujours. Pour ces ethnies vivant en forêt, le feu est un élément primordial qu'il faut entretenir constamment. Certaines femmes sont déjà en train de cuisiner. Les jeunes enfants imitent les parents et c'est muni d'une machette qu'un enfant de 5-6 ans épluche du manioc ! Les plus grands sont déjà partis à l'école. Pour s'y rendre, ils doivent refaire le chemin à l'envers que nous avons fait la veille à partir de Somalomo (marche en forêt, traversée du fleuve en pirogue, puis encore marche jusqu'à l'école du village). Malgré l'absence de ces quelques enfants, nous faisons la distribution des vêtements que j'avais ramené de France (merci à mes élèves et aux autres donateurs...). Au camp, les enfants sont en pagne mais pour aller à l'école ou se rendre au village, il leur faut porter des vêtements. C'est donc avec joie que chaque enfant se voit recevoir un nouvel habit. Les absents recevrons bien sûr leur vêtement plus tard, à leur retour de l'école.

Dans la matinée, l'éco-garde qui nous avait mené hier au camp, nous rejoint. Nous partons ensemble pour une randonnée dans la réserve. Il nous mène jusqu'au village de Schouam, à une dizaine de kilomètres du camp. La forêt que nous traversons est bien sûr magnifique, peuplée de gros arbres et d'une myriade de papillons. Cette réserve abrite une biodiversité énorme dont de grands mammifères tels qu'éléphants et gorilles. Cependant, la présence de plusieurs villages et d'une pression par la chasse rend ces espèces difficiles à voir. D'autant plus que Martial, notre ami guide, alors qu'il nous avait prévenu qu'en forêt il faut être silencieux, ne peut s'empêcher de bavarder tout le long du chemin. Nous ne croiserons donc qu'un écureuil ! Mais le plaisir d'être là n'en est pas amoindri pour autant. Arrivée à Schouam qui se révèle être encore plus le trou du cul du monde que Somalomo, nous cassons la croute. Un villageois (je ne me souviens plus de l'ethnie de ce village), nous propose de nous emmener voir un autre Inselberg. Puis nous rentrons au camp, bien fatigués de notre longue marche de près de 30 km. Ce soir nous n'avons pas le courage d'aller jusqu'à la rivière, ça va sentir fort dans la tente !

(à suivre...)