L'aventure n'est pas finie ! La suite se déroule vers l'ouest du Cameroun. En milieu de matinée, nous remettons notre sac sur le dos et nous nous dirigeons, toujours accompagnés de Martial, à la gare routière qui dessert les villes de l'ouest. Les départs étant plus fréquents dans cette direction, l'attente n'est pas longue et les bus plus confortables. Après deux bonnes heures de route (et de vraie route sans poussière) nous descendons à Édéa. De là nous louons une voiture avec chauffeur et longeons la Sanaga, le plus gros fleuve du Cameroun, pendant une petite heure. La piste (eh oui ! La poussière est de retour !) est bordée de plantations d'hévéas et de palmeraies. Au milieu de nul part, nous descendons et donnons rendez-vous au chauffeur pour le lendemain. Nous empruntons un petit chemin qui nous mène sur les bords de la Sanaga. Assis dans l'herbe, nous attendons la pirogue qui va nous emmener sur l'île aux singes...

Une association franco-camerounaise dont je ne connais même pas le nom, s'est donné pour mission de recueillir les jeunes chimpanzés dont les parents ont été tués par des braconniers. Les jeunes sont regroupé sur une île où ils sont élevés (précisons que la Sanaga est un fleuve africain donc un fleuve énorme, d'où la présence d'îles de bonne taille). Une fois devenu adulte, les chimpanzés sont relâchés sur une autre île pour eux tous seuls où ils pourront se débrouiller comme des grands. Comme l'association a besoin d'argent pour vivre, elle accueille régulièrement des touristes et volontaires pour l'aider à s'occuper des jeunes. Approcher des chimpanzés, voilà donc le but de notre expédition.

Pas moins que les bus, la pirogue nous fait attendre. Des enfants nous rejoignent et vont se laver dans le fleuve. Bonne idée ! Je me mets en maillot de bain et plonge dans l'eau avec eux. Puis nous attendons. Nous attendons... vous connaissez la chanson. La nuit commence à tomber. Alors que nous étions près à aller dormir chez la grand-mère d'un des enfants, la pirogue arrive enfin. Celle-ci est plus grosse que celle de l'Est et surtout, possède un moteur. Après une dizaine de minutes dans une nuit toujours aussi noire, nous arrivons sur l'île. Bien sûr, au vu de l'heure tardive de notre arrivée, nous ne pouvons pas voir les singes qui dorment dans une cage à côté du camp. Cette île n'étant pas inhabitée, les jeunes chimpanzés sont enfermés dans une cage afin d'éviter que les villageois non loin viennent les chasser, c'est donc plusieurs fois par jour que Bosco, le « papa » des chimpanzés, accompagné de touristes et volontaires, sort ses protégés pour qu'ils se défoulent dans les arbres et ailles barboter sur les bancs de sable du fleuve.

Deux volontaires français sont présents en plus de quelques employés camerounais. Bosco (le maître des lieux) nous offre de cuisiner dans sa cabane. Pendant que Martial cuisine, nous discutons avec les gens présents. J'apprends que dans la cabane, il y a Cannelle, une petite chimpanzé de quelques mois qui dort. Je brûle d'envie d'aller la voir mais me retiens pour respecter son sommeil. Alors que le repas est prêt, Martial nous invite à aller nous servir. Au moment où je rentre dans la cabane, la petite Cannelle se réveille et sort de la chambre. Elle vient vers moi et me grimpe dans les bras. Alors autant le fait d'avoir un bébé humain dans les bras me met mal à l'aise, autant un bébé chimpanzés m'attendrit totalement ! Elle se cale dans mes bras et pose sa tête contre ma poitrine. Julien s'approche pour l'observer. Elle se penche alors vers lui et murmure un petit « hou hou hou ». Bon je sais j'ai peut-être l'air ridicule mais moi j'étais complètement aux anges, émue comme c'est pas croyable ! Je vais m'assoir dehors et lui fais alors prendre son biberon. Je vais peut-être adopter un chimpanzé finalement au lieu d'un humain ! En discutant avec les deux volontaires, nous apprenons que les jeunes chimpanzés sont malgré tout sacrément costauds et qu'il faut être un peu méfiant avec eux, en particulier avec Le Che. Ce dernier n'aime effectivement pas les femmes et leur fait la misère. C'est plutôt bon à savoir !

Nous allons nous coucher tels des enfants la veille de noël, pressés d'être au lendemain.

(a suivre...)